01/04/2026

Les saisons (printemps)


Edouard Boubat


Claudine Doury

1/ Anami   2/ Mer d'Aral
* Les saisons en japonais: natsu, aki, fuyu, haro
[à suivre]

26/03/2026

Petite gitane


L.D

* Une ode au printemps avec quatre jours de retard...

22/03/2026

En vrac (26) air, muses, municipales

 
La force des insectes, c'est leur nombre. On aura beau en manger, il en restera toujours assez pour nous dévorer.
Cela dit, gardons notre optimisme et laissons la nature s'occuper d'elle-même. 

*

Je suis en train de disparaître et personne n'a l'air de s'en préoccuper, qu'elle a dit l'eau. C'est parce que tu ne vaux pas un clou forgé, qu'a dit le feu. Mais sans moi que vont-ils boire, qu'elle a dit l'eau. Sans moi que vont-ils cuire, qu'a dit le feu. La-dessus est arrivé Claude Nougaro, marchant un peu sur son accent trop long: «Amis, restons tranquilles, et profitons de ce ciel pur où les muses font des longueurs. Voyez comme elles sont belles, et comme est douce leur haleine.» Devant moi, trois vieilles bigotes badigeonnaient d'eau bénite le monument aux morts pour rien. Il y a eu un léger tremblement de terre que personne à part le poilu en bronze n'a ressenti. Et puis tout fut comme avant. 


Paul Klee


Aujourd'hui il y a du vent. J'aime le vent. Non parce qu'il fait tourner malgré lui de monstrueuses éoliennes, mais parce qu'il va où il veut, fier comme un qui n'a de comptes à rendre à personne. Aujourd'hui les oiseaux du jardin jouent dans le vent. Ils se laissent entraîner sur une dizaine de mètres avant de reprendre le contrôle. Que faites-vous dans la vie? Je regarde. Et c'est tout? S'il savait...

* cf. Qu'a dit le feu qu'elle a dit l'eau (Alain Leprest / Daniel Lavoie)

16/03/2026

Supplément enfants (5) avec le temps


Petite route
petite route
ne deviens jamais grande
car nous t'aimons
telle que tu es
aventureux ruban
        
et puis nous t'aimerons
bien d'avantage encore
lorsque 
avec le temps petite route
de nuages en guet-apens
nous serons devenus des adultes


Bernard Plossu

10/03/2026

Les infos


Eugenia Loli

Julia Lilliard


Étrange, vous me direz, ce raccourci. Possible, vous répondrais-je, mais cette concision vous laissera le temps de cultiver votre jardin.

06/03/2026

Autodérision

 

James Brunt

Duane Michals

Nous sommes dans la périphérie du land art. Avec ces haricots, James Brunt ironise plaisamment sur son œuvre qui hante habituellement les plages de galets. Duane Michals, photographe de talent porté sur l'humour, propose ici un jeu de perspectives mettant en scène sa propre fausse vanité...

03/03/2026

Paillasson


L.D

Du vent, la poésie? Alors je m'essuie les pieds sur un paillasson de lumière. Non pour entrer mais pour sortir. Je ne voudrais pas salir le monde...

18/02/2026

Transition

 
      Le programme de sauvetage:
      quitter la terre en carapace pour l'espace et ses merveilles
      – les clowns et les poètes se verront refoulés à l'embarquement.


Joe Webb


auteur inconnu

« C'est pas des blagues?
– Tu auras le droit d'emporter tes plantes vertes.»

15/02/2026

Une saison après l'autre


L.D

Poser un sourire sur chaque instant...

08/02/2026

Mais pas que

 


Une chaise longue en pleine lumière, inoccupée, preuve que l'absence est photogénique. Mais pas que. Allez savoir ce qui n'est pas inscrit dans l'image, ce morceau de monde qui reste hors cadre. Imaginez. Et d'abord, qui a dit que c'était l'automne? Moi je dis c'est l'été, un bel été de derrière le silence et la quiétude – je le sais, j'y étais. Oh, pas d'ours bruns restons modestes, contentons-nous d'un chat qui rode, d'un corbeau qui passe criant sa vie, de la flèche lente d'un bourdon... D'une enfance affairée à ses jeux d'avant le temps...
La ruée vers l'or, la jouissance et la gloire? Rien à faire ici avec l'exigence du noir et blanc. Mais trouver son comptant de bonheur dans les saisons, se sentir assouvi par la clarté du monde, voilà sans doute la plus grande richesse. "Je me tue à vous le dire / dit la fleur / et elle meure." (Prévert) 

01/02/2026

En vrac (25) île, nœud de cravate et scarabéidés


J'ai porté une cravate seulement deux fois dans ma vie. La première, j'avais seize ans, à l'occasion d'un mariage. Je me souviens m'y être particulièrement ennuyé et senti mal à l'aise. La seconde fois c'était sur scène – mais est-ce que ça compte? – pour un rôle insignifiant: j'avais deux courtes répliques à donner (depuis j'abhorre Musset) et beaucoup de temps en coulisses pour penser à ma vie future et à mes amours défunts.

*

On peut se demander à quoi rime d'écrire et lire de la poésie dans un monde qui bat de l'aile et s'enlaidit (*) à une vitesse sans précédent. En réfléchissant à l'envers, on pourrait croire que dans un monde idyllique, étant devenue l'essence même du moment la poésie n'aurait plus lieu d'être écrite et diffusée. Et à ce propos j'adore la cétoine dorée, cet insecte carapace qui est comme de l'or, mais vert.



*

On ne rencontre pas tous les jours un lieu formidable peuplé de gens extraordinaires. Alors quand ça nous arrive, il faut le garder bien vivant et très longtemps dans son cœur. Là il sera comme une île où, dans sa forge, se maintiendra le feu sacré.

NB: la vie s'occupera des horaires du bateau.

* Lire à ce propos Claude Vercey et "son dernier poème" (éd. La main qui écrit)

26/01/2026

Jusqu'à la nuit


Le poème
cette caméra rudimentaire
cette scène de papier où se joue des confidences
cet air d'un autre monde arrivé par la caisse à bretelles d'un colporteur
cette manière de boiter avec élégance, le sourire un peu lointain
cette flamme posée sur l'eau courante, et qui voguera jusqu'à la nuit


Chuta Kimura

18/01/2026

Paréidolies

 
Edward Weston

Valery Lorenzo


Je crois que l'art a commencé avec la capacité à reconnaître la forme d'une chose dans une autre. Reconnaître une représentation se base sur le fait que l'image ressemble à quelque chose qu'on a déjà vu, appris ou expérimenté. (Vic Muniz, Art Press 09/2004)

11/01/2026

Conseil des sages






L.D - déc. 2019 (assistance Corinne)

Autre titre possible, un peu moins optimiste: la dernière tache verte.

08/01/2026

En vrac (24) éloge, visites et invasion


Je m’appellerai Cheval gris, ou Elan noir, ou Marmotte violette. Et tandis qu’à la sortie de l’hiver mon âme de vieux mâle grincheux ne souhaitera plus qu’une chose, glisser vers la chaleur de la mer androgyne, je verrai les premières fleurs pointer leur nez à travers la neige de printemps, j’entendrai le corbeau mon totem déchirer le silence de son cri linéaire. Nous serons en mars, et tout en pétrissant la pâte pour le pain de la semaine, j'écouterai à la radio les péripéties d'un incroyable sauvetage spatial. La nuit, des avions clignoteront comme des dieux dans le ciel. Indien sur la réserve – une cinquantaine de kilomètres à peine avant la panne sèche – je profiterai d’un jour de mauvais temps pour affûter ma hache de paix, et aussi pour dire à la femme qui partage mes fourrures combien je l’aime. Oui, ce sera ça ma vie quand je serai américain.



Afin de marquer entre nous la disparition de Francis Hallé, ma fille m'a envoyé du Cambodge des photos d'arbres remarquables rencontrés là-bas. Dans le même temps, une lectrice du blog m'a fait part du vide qu'elle avait ressenti à cette annonce. Aura sansdoute aussi germé ce sentiment d'injustice à voir partir les gens biens tandis que des salopards décrépis, incultes et vaniteux s'accrochent au poteau (oui, je sais, on n'emploie pas le mot salopard à l'antenne.) Mais parlons plutôt poésie.

*

L'été... Parfois elle vient.
Et c’est comme si la vérité entrait chez nous
– à douze ans, l’étoffe prétentieuse de l’adulte n’est pas encore à votre taille.
Son vélo est appuyé contre un mur. Un vélo démodé, sans chichi.
De la morale, elle n’a pris que la part la plus légère à porter.
Les fâcheuseries de la vie la font rire. Elle vient ici pour les plantes. Pour goûter à la différence. Disparaître un temps aux yeux trop strictes du village.
Exploratrice tendre et menue, elle joue avec les chants d’oiseaux sur la balançoire de son rire.
Et relève le soleil qui a tendance à s’assoupir.
Mais la saison de sa venue dure à peine.
En partant, elle aura laissé dans la maison l’effleurement d’une main, sa simplicité vive
Le jardin lui aussi aura quelque chose de changé. Quelques fleurs en moins peut-être, mais dans la courbe des allées résonnera encore l’écho de sa visite joyeuse. Un grain d'espoir.

02/01/2026

Veux-tu (vœux 2026)



Pour cette nouvelle année, je vous souhaite d'être
comme des chevaux sauvages dans les collines.

 * Ch. Bukowski of course.
** photo L.D