Et s'il me plaît à moi
d'écouter les pommes de terre
plutôt qu'un coquillage
on y entend la terre
s'endormir sous la neige
on y entend l'été
courir à la rivière
on y entend s'aimer
des amants magnifiques
aux jambes ensorcelées
à la crinière dorée
parfois le pas léger
d'un très vieux jardinier
qui referme la barrière
(Autre chose qui compte, Donner à Voir)
. . . . . . . . . . . . .
Qu'aurai-je vu aujourd'hui
qui ne soit pas violence
qui ne soit pas violence
angle vif ou désir puéril
Les moineaux près du banc
qui d'un œil égyptien
lorgnaient sur mon kébab
Le ciel
bien au dessus des rues
inutile et pourtant toujours là
La façade en lambeau
d'un ancien cinéma
(Les carottes fraîches, Décharge / Gros textes)
. . . . . . . . . . . . . .
Tu plantes un arbre il t'arrive au genou
glorious day
tous les deux vous êtes à la bonne place
tous les deux vous êtes à la bonne place
(Autre chose qui compte, Donner à Voir)
. . . . . . . . . . . . . .
J'ai fait un rêve c'était l'été
Hiroshima n'avait jamais
été soufflée des grues cendrées
s'y posaient sur les arbres
et dans mon rêve plein de silence
et de torpeur il y avait
un joli cul pour qui j'avais
la plus durable des tendresses
et dans mon rêve une machine
à laver vous durait trente ans
et puis dehors il y avait
la mer des chèvres et des Gauguin
(inédit, * "I have a dream" Martin Luther King)
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Marcher
c'est comme
voyager en escargot
on a le temps
de regarder
de sentir d'écouter
on a le temps
et tout l'espace
du dedans
dehors
quand on marche
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