dimanche 1 février 2026

En vrac (25) île, nœud de cravate et scarabéidés


J'ai porté une cravate seulement deux fois dans ma vie. La première, j'avais seize ans, à l'occasion d'un mariage. Je me souviens m'y être particulièrement ennuyé et senti mal à l'aise. La seconde fois c'était sur scène – mais est-ce que ça compte? – pour un rôle insignifiant: j'avais deux courtes répliques à donner (depuis j'abhorre Musset) et beaucoup de temps en coulisses pour penser à ma vie future et à mes amours défunts.

*

On peut se demander à quoi sert d'écrire et lire de la poésie dans un monde qui bat de l'aile et s'enlaidit (*) à une vitesse sans précédent. En réfléchissant à l'envers, on pourrait croire que dans un monde idyllique, étant devenue l'essence même du moment la poésie n'aurait plus lieu d'être écrite et diffusée. Et à ce propos j'adore la cétoine dorée, cet insecte carapace qui est comme de l'or, mais vert.



*

On ne rencontre pas tous les jours un lieu formidable peuplé de gens extraordinaires. Alors quand ça nous arrive, il faut le garder bien vivant et très longtemps dans son cœur. Là il sera comme une île où, dans sa forge, se maintiendra le feu sacré.

NB: la vie s'occupera des horaires du bateau.

* Petit salut en passant à Claude Vercey et à "son dernier poème" (éd. La main qui écrit)

samedi 31 janvier 2026

Regards


Duane Michals


Mark Steinmetz

lundi 26 janvier 2026

Jusqu'à la nuit


    Le poème
    cette caméra rudimentaire, cette scène de papier où se joue des confidences
    cet air d’un autre monde arrivé par la caisse à bretelles d'un colporteur
    cette manière de boiter avec élégance, le sourire un peu lointain
    cette flamme posée sur l'eau courante, et qui voguera jusqu'à la nuit.
   .

Chuta Kimura

dimanche 18 janvier 2026

Paréidolies

 
Edward Weston

Valery Lorenzo


Je crois que l'art a commencé avec la capacité à reconnaître la forme d'une chose dans une autre. Reconnaître une représentation se base sur le fait que l'image ressemble à quelque chose qu'on a déjà vu, appris ou expérimenté. (Vic Muniz, Art Press 09/2004)

dimanche 11 janvier 2026

Conseil des sages






L.D - déc. 2019 (assistance Corinne)

Autre titre possible, un peu moins optimiste: la dernière tache verte.

jeudi 8 janvier 2026

En vrac (24) éloge, visites et invasion


Je m’appellerai Cheval gris, ou Elan noir, ou Marmotte violette. Et tandis qu’à la sortie de l’hiver mon âme de vieux mâle grincheux ne souhaitera plus qu’une chose, glisser vers la chaleur de la mer androgyne, je verrai les premières fleurs pointer leur nez à travers la neige de printemps, j’entendrai le corbeau mon totem déchirer le silence de son cri linéaire. Nous serons en mars, et tout en pétrissant la pâte pour le pain de la semaine, j'écouterai à la radio les péripéties d'un incroyable sauvetage spatial. La nuit, des avions clignoteront comme des dieux dans le ciel. Indien sur la réserve – une cinquantaine de kilomètres à peine avant la panne sèche – je profiterai d’un jour de mauvais temps pour affûter ma hache de paix, et aussi pour dire à la femme qui partage mes fourrures combien je l’aime. Oui, ce sera ça ma vie quand je serai américain.




Afin de marquer entre nous la disparition de Francis Hallé, ma fille m'a envoyé du Cambodge des photos d'arbres remarquables rencontrés là-bas. Dans le même temps, une lectrice du blog m'a fait part du vide qu'elle avait ressenti à cette annonce. Aura sans doute aussi germé ce sentiment d'injustice à voir partir les gens biens tandis que des salopards décrépis, incultes et vaniteux s'accrochent au poteau (oui, je sais, on n'emploie pas le mot salopard à l'antenne.) Mais parlons plutôt poésie.

*

L'été... Parfois elle vient.
Et c’est comme si la vérité entrait chez nous – à douze ans, l’étoffe prétentieuse de l’adulte n’est pas encore à votre taille. Son vélo est appuyé contre un mur. Un vélo démodé, sans chichi. De la morale, elle n’a pris que la part la plus légère à porter. Les fâcheuseries de la vie la font rire. Elle vient ici pour les plantes. Pour goûter à la différence. Disparaître un temps aux yeux trop strictes du village.
Exploratrice tendre et menue, elle joue avec les chants d’oiseaux sur la balançoire de son rire. Et relève le soleil qui a tendance à s’assoupir. Mais la saison de sa venue dure à peine. En partant, elle aura laissé dans la maison l’effleurement d’une main, sa simplicité vive. Le jardin lui aussi aura quelque chose de changé. Quelques fleurs en moins peut-être, mais dans la courbe des allées résonnera encore l’écho de sa visite joyeuse. Un grain d'espoir.

vendredi 2 janvier 2026

Veux-tu (vœux 2026)



Pour cette nouvelle année, je vous souhaite d'être
comme des chevaux sauvages dans les collines.

 * Ch. Bukowski of course.
** photo L.D

dimanche 28 décembre 2025

Soleil de bois


Nils Udo

Souvenez-vous bien que le bonheur est une question d'énergie.
(Robert Desnos)