Une chaise longue en pleine lumière, inoccupée, preuve que l'absence est photogénique. Mais pas que. Allez savoir ce qui n'est pas inscrit dans l'image, ce morceau de monde qui reste hors cadre. Imaginez. Et d'abord, qui a dit que c'était l'automne? Moi je dis c'est l'été, un bel été de derrière le silence et la quiétude – je le sais, j'y étais. Oh, pas d'ours bruns restons modestes, contentons-nous d'un chat qui rode, d'un corbeau qui passe criant sa vie, de la flèche lente d'un bourdon... D'une enfance affairée à ses jeux d'avant le temps...
La ruée vers l'or, la jouissance et la gloire? Rien à faire ici avec l'exigence du noir et blanc. Mais trouver son comptant de bonheur dans les saisons, se sentir assouvi par la clarté du monde, voilà sans doute la plus grande richesse. "Je me tue à vous le dire / dit la fleur / et elle meure." (Prévert)

J'imagine que tu as dû prendre une photo avec l'ombre parfaitement calée sur la chaise, mais que tu as choisi de montrer celle-ci. Très drôle.
RépondreSupprimerAinsi on ne sait plus, de l'ombre ou de la chaise, qui est le vrai sujet...
SupprimerFinalement, le hors-champ est toujours gagnant car il n'est pas imposable...
RépondreSupprimerManquerait plus que la poésie soit taxée!
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