J'ai porté une cravate seulement deux fois dans ma vie. La première, j'avais seize ans, à l'occasion d'un mariage. Je me souviens m'y être particulièrement ennuyé et senti mal à l'aise. La seconde fois c'était sur scène – mais est-ce que ça compte? – pour un rôle insignifiant: j'avais deux courtes répliques à donner (depuis j'abhorre Musset) et beaucoup de temps en coulisses pour penser à ma vie future et à mes amours défunts.
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On peut se demander à quoi sert d'écrire et lire de la poésie dans un monde qui bat de l'aile et s'enlaidit (*) à une vitesse sans précédent. En réfléchissant à l'envers, on pourrait croire que dans un monde idyllique, étant devenue l'essence même du moment la poésie n'aurait plus lieu d'être écrite et diffusée. Et à ce propos j'adore la cétoine dorée, cet insecte carapace qui est comme de l'or, mais vert.
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On ne rencontre pas tous les jours un lieu formidable peuplé de gens extraordinaires. Alors quand ça nous arrive, il faut le garder bien vivant et très longtemps dans son cœur. Là il sera comme une île où, dans la forge, se maintient le feu sacré.
NB: la vie s'occupera des horaires du bateau.
* Petit salut en passant à Claude Vercey et à "son dernier poème" (éd. La main qui écrit)

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