dimanche 28 décembre 2025

Soleil de bois


Nils Udo

Souvenez-vous bien que le bonheur est une question d'énergie.
(Robert Desnos)

samedi 20 décembre 2025

Finir l'année

    
     ... avec le sourire.

Arno Rafael Minkkinen


Alain Laboile

* Un grand merci à toutes celles et ceux qui sont passé(e)s ici une fois, dix fois, cent fois. Un blog n'est rien sans ses lecteurs.

mardi 16 décembre 2025

En vrac (23) plan plants, bois et picture spot


Je crois que le concept d'intelligence artificielle est né alors que l'être humain décidait que réfléchir et être libre s'avérait décidément bien trop fatiguant, et qu'il lui faudrait trouver des moyens de s'en passer, bonheur et confort mental oblige. (Avis d'un non diplômé en sociologie, mais les bras m'en tombent tout de même.)

Raymond Depardon


Faire part: je suis le père d'une forêt*. Oh, bien sûr ce n'est pas Fontainebleau, ni Tronçais ni Brocéliande, et ça n'a pas la colossité du projet de forêt primaire initiée par F. Hallé. C'est juste un bout de terrain laissé à la faune et flore sauvages, et où s'installe lentement la fameuse succession écologique, phénomène naturel de boisement que nous aidons un peu avec nos petits bras musclés. Cette année, j'y ai planté une trentaine de très jeunes arbres qu'il va falloir arroser plusieurs fois cet été: une dizaine d'espèces. Tendresse pour ces futurs bons vivants, pièges à carbone, régulateurs de pluie et de température – bref je ne ferai pas ici l'apologie des innombrables bienfaits des arbres. Je souhaite seulement que cette fille aux cheveux verts vive longtemps après moi.

*
Une histoire qu'un type bienveillant raconta à l'enfant seul que j'étais. C'est Mortimer qui se promène dans la campagne. Au détour d'un chemin, il aperçoit au fond d'un pré une vieille souche qui ressemble à un cheval. Amusé, Mortimer, s'en approche. Et plus il avançe, plus le doute s'empare de lui. Arrivé à quelque pas de l'endroit, il en a la confirmation: ce n'est pas une souche qui ressemble à un cheval, mais un cheval qui ressemble à une vieille souche et qui se dresse à présent péniblement sur ses pattes.


* Si on me donnait
  un vaste territoire chauve
  je planterais tant
  que le jour est long des arbres.
  A la fin de ma vie
  je serais le père d'une forêt. (Julos Beaucarne)

jeudi 11 décembre 2025

(Perchés)


    Nous n'avons rien construit
    pourtant
    et rien déposé d'autre que du goudron
    de grands rubans de plomb, des routes interminables

    puis ces oiseaux en bordure
    qui veillent sous leurs ailes d'argile
    attendant la fatigue d'un convoi au matin.
    Nous filons.
    Eux luttent, immobiles pour contenir leur âme
    pour contenir leur dignité qui s'échappe dans le flux.

    Parfois un camion les décoiffe.

    Là, ils semblent des vieillards tout à coup
    des figures hiératiques et terreuses,
    des soldats fatigués, des guetteurs d'un autre âge
    avec leur bec

    leurs yeux sans cils.

            Yves Bichet, Le rêve de Marie (1995)


Dylan Hausthor

dimanche 7 décembre 2025

Histoires sans paroles


Maya Mitten

Merve Özaslan

Ah, on en aura vu des chouettes collages en cinq ans... Les trois dernières années sont encore archivées, qu'on se le dise... (j'adore cette expression qui nous vient des annonces municipales, tambour battant)

lundi 1 décembre 2025

Autoportraits (4)

 
Jean Dieuzaide

Denis Roche

Quatrième volet de l'investigation...

vendredi 28 novembre 2025

Quelqu'un parle


    Où il est question d'intelligence...

mardi 18 novembre 2025

En vrac (22) gondoles, 雨水 et minis-terre


En tant que lecteur libre, j'aimerais pouvoir traverser le ciel sans danger, visiter des impasses que la superbe ignore, me la couler douce au soleil en lisant des types (et des typesses) qui ont vécu ce qu'ils écrivent ou qui font de l'humour une tasse de thé parfumée à la joie de lire.
Lorsque, par inadvertance, j'entre dans une librairie, je sens poindre le tournis, l'absolue indigestion face à tant de propositions, et c'est la migraine assurée (d'autant plus que le chauffage en rajoute avec sa volonté de plaire) et bientôt le sentiment d'étouffer sous cette coulée de livres qui sent son Pompéi. Que fais-ici? me dis-je. Et où donc est la bouée pour naufragés de l'océan Cellulose?
Le livre n'échappe pas à ce constat désolant qu'il y a trop de tout partout. Je ressors les mains vides, étourdi, et plus loin dans l'air humide et salutaire je me demande pourquoi (espèce d'idiot) je cherche moi-même à en rajouter. Mon grillon me suggère qu'il existe un autre monde de l'écriture, qui aurait partie liée avec la sobriété volontaire. Mais ce n'est qu'un grillon, et je ne suis qu'une marionnette, pas même en bois précieux.




Au lycée ce jour-là, le prof de math qui rendait nos copies posa la mienne devant moi, sans un mot, mais avec un sourire de compassion qui m'alla droit au cœur. Je découvris alors ma note, écrite en rouge en haut à gauche: zéro moins l'infini. Irrattrapable donc. Et moi, démasqué par une âme sensible, irrémédiablement classé du côté des rêveurs. La seule question dès lors à se poser: être ailleurs, est-ce que ça pouvait être un métier?

*

Autre question et non des moindres: avons-nous perdu l'esprit? Il semblerait que oui. Si vous le retrouvez, vous êtes prié de le rapporter au ministère de la poésie et du jardinage.

samedi 8 novembre 2025

Solitudes

 
Mariano Peccinetti

Lynn Skordal

J'avoue me sentir parfois plus proche des bêtes que des hommes.

dimanche 2 novembre 2025

En vrac (21) plumes, jeunes pousses et vieilles bretelles


Tenir, et l’ouverture et l’équilibre. Une belle épreuve dans la dureté, le bruit sans fin. Or, même au plus fort de la ville, telle une bête sauvage acclimatée au milieu urbain, la joie peut nous surprendre encore. Mais qui connaît le plaisir de se taire ? Qui, sous la transparence du ciel, verra l’échappatoire, l’éclat d’un moment de grâce ? Comme cette herbe de rivière qui fleurit, flottante entre deux rives bétonnées, peignée par le courant et où pêche, immobile et ailleurs, une aigrette blanche.

*

Venons-en à la réprobation. Je rêve que des gens inspirés inventent une nouvelle langue, très éloignée de l'anglais (langue de mondialisation) très éloignée de l'homme moderne et de sa quête effrénée de plaisir et de facilité, une langue qui ne pourrait servir ni à compter ni à convaincre, une langue inséparable de la nature et qu'on enseignerait sous les arbres, dans les dunes, sur la pente herbeuse des alpages... Une langue sans doute un peu chantante, évidemment commune à tous les hommes de bonne compréhension, et qui deviendrait rapidement incontournable. Rêver d'un tel langage, c'est rêver d'un autre monde, plus instinctif.
Ô, déception, lorsque l'on fait trois pas dehors...


Jean Degottex


Distraction VS culture. Un p'tit poème?

    Aux oiseaux noirs
    d’Alfred Hitchcok
    je préfère ceux
    de Georges Braque

*

Par ailleurs, ici nouvelle session de plantation d'arbres et végétaux divers. Entre autres un olivier dont je rêvais depuis longtemps. Cinquante centimètres: on ne plante pas forcément pour soi! 

mercredi 29 octobre 2025

Science-fiction

 
7h30, effets spéciaux

Une visiteuse (venue d'ici)


Pourquoi s'imaginer une vie extra-terrestre alors que nous avons tout ce qu'il faut autour de nous...?
Pour la petite histoire, cette mante religieuse avait un abdomen énorme, prête pour la confection de son nid de ponte (un travail inouï d'une bonne demi-heure.) Ici on la voit pattes jointes contre la vitre de la fenêtre, priant pour le salut de son âme – et pour la nôtre.

lundi 20 octobre 2025

Drôles de tapis




Jalal Sepehr (les deux)

    1 - Transport en commun 
    2 - Recueil de tapis (recherche éditeur courageux...)

mardi 7 octobre 2025

Sammallahti

 


Pentti Sammallahti (les deux)


1/ La sieste, c'est sacré.
2/ Balançoire. 

samedi 27 septembre 2025

Impec

 

Henry Wessel (les deux)

* Et pourtant, de la sympathie pour ces gens (ou de l'empathie)

mardi 23 septembre 2025

Le trésor est ici

 
Eau douce (Hte-Savoie-2023)
Croix en roseaux, galet noir et blanc, 80x80cm environ

Pas d'or ici, mais de l'eau propre et potentiellement potable!
L'eau douce représente 3% de l'eau présente à la surface de la terre. Sur ces 3%, seulement 1% est directement accessible, soit peanuts de la totalité.

+ une chanson pour accompagner ça.

lundi 8 septembre 2025

Supplément enfants (4) fabliau

 
        Le temps est doux
        l'ours danse
        lourdement
        le dresseur montre l'ours
        et l'ours montre les dents

        un nuage qui voyage
        en passant les salue
        l'ours aimable grogne un peu
        c'est pour l'argent
        l'argent des gens contents


Le montreur d'ours (L'orsalher en occitan) film de Jean Fléchet - 1984

mardi 2 septembre 2025

En vrac (20) 4x4, vrac et vol de jour


Un pas de côté. Le premier, le plus héroïque. Ce jour-là, le ruban de la route a pris l’aspect d’un chemin. Puis le chemin s’est fait sentier. Toi que la modernité, tel un blessé profond, vient d’abandonner à une fin certaine, te voilà de retour dans tes rêves les plus anciens.
Tout occupé à briser des noix vertes le dos calé contre un arbre, tu vois se pointer un petit blondinet sorti de nulle part. Son écharpe bleue et ses bottes en caoutchouc te disent vaguement quelque chose. S'il te plait, dessine-moi un monde meilleur... Ok, là tu planes fort. Et sûr, tu voudrais bien lui faire plaisir au môme, seulement ton sac et ta boîte d'aquarelles sont restés dans le car. Or, soudain, dans un mouvement tu sens un truc plat et dur dans ta poche. Et c'est l'idée de génie, et tu te lèves d'un bond: le môme te regarde fracasser ton portable à coups de pierre. Voilà, dis-tu, le monde que tu veux est dans ce happening. Le p'tit gars, incrédule, d'un index péremptoire montre le ciel: tu comprends alors qu'il va te falloir grimper là-haut pour dégommer un satellite.


Victor Brauner

*

Je prendrais bien le train si les trains nous emmenaient ailleurs que dans les gares...

On roule au cul des animaux d’Afrique, au son resplendissant des tam-tam: on est con quand on a vingt ans, on est beau, on a des rêves hollywoodiens.

De la lumière au bout du couloir. Une grosse poussée et c'est l'éblouissement. Suivi d'une voix féminine : « C’est un garçon. » Pas le choix, donc.

Le programme: ils vont vider la mer pour en nettoyer le fond, ils vont mettre les pôles dans d’énormes congélateurs.

C’est l’histoire d’un homme dont le corps se détériore.
– Putain, t'as pas autre chose...?
... C'est l'histoire d'une révolte chez les œufs à la coque.

samedi 30 août 2025

Histoires

 
Lynn Skordal


Varlez

    1/ Ah, ces cow-boys, tous des émigrés irlandais!
    (ou bien: ah, ces émigrés irlandais, tous des cow-boys!)
    
    2/ Les petits métiers: faut qu'ça sonne (et à heures fixes)

vendredi 22 août 2025

Nettes

 
Quel photographe n'a jamais fait ça, se laisser dessiner par le soleil...?
Et quand on sait que l'artiste est à 150 millions de kilomètres, un tel niveau de précision laisse admiratif.




1- Lee Friedlander  / 2- Frank Horvat (journal de la Véronique)

samedi 16 août 2025

En vrac (19) semoule, manche de pelle et poils de marte


L'aquarelle, c'est de l'eau mêlée à de la lumière. L'eau a ses couleurs, la lumière ses intentions.
L'aquarelle est un poème qui se passe de commentaires. Elle n'a pas d'épaisseur, mais de la profondeur.
L'aquarelle ne va jamais dans les musées, elle a trop peur de se faire écraser. Elle rêve d'un petit musée à ciel ouvert, avec une moquette d'herbe et des gardiens ailés (faites la liaison.)
Elle voyage légère et revient avec des souvenirs plus vrais que nature.
L'aquarelle a pour le monde la tendresse d'une mère.
Pour la folie des hommes, beaucoup d'indifférence.


Lucien Jacques


Et à ce propos, sais-tu ça que la vipère est bonne mère? Tranquille, peureuse et rien à voir avec le poing des Folcoche ou l'hideuse mixture des sorcières. D’ailleurs les sorcières étaient de braves filles. Mais que t’importe, on disgresse. La vipère, donc, est une bonne mère. Or tu la coupes en deux, avec ta pelle bien française, ta pelle au manche bien huilé – on ne sait jamais qui va venir par la frontière (bien française la frontière.) La vipère comprends-tu, c'est ta mère en alerte, elle protège ses petits, elle brille pour que tu la suives et toi, avec ton style de marchand de vinaigre, à chaque fois tu te fais bien baiser. La vipère baise les marchands de vinaigre.

*

Des jardins clos, un peu partout dans le monde, et des gens qui aiment les fleurs, les branches qui s'inclinent... Je viens de peindre un vieux mur moche avec un lait de chaux rose marocain. J'aimerais fêter ça. Quelqu'un pourrait m'envoyer une bonne recette de couscous aux légumes?

mardi 12 août 2025

mardi 5 août 2025

Reliés à la terre

 
Nils Udo (coquelicots et fougères)


Jeanne K Simmons
        [...]
        nos rêves d'amour
        s'envolent pour la montagne

dimanche 27 juillet 2025

En vrac (18) lectures, zef et dragons de jardin


D'accord, qu’ils y aillent sur Mars. Qu’ils partent donc pour le grand vide, vivre sous leurs dômes de fausse félicité. Nous, nous resterons sur la Terre, fouillant les décombres à la recherche d’un ou deux morceaux de joie, de cette fleur inespérée annonçant une erre nouvelle.

Une pensée pour les mouettes manœuvrant dans l’air iodé. Pour leur science du vent, elles qui ne planent jamais plus haut que leur envergure, jamais plus loin que l’horizon marin. Sagesse d'un monde où tout est, déjà, hautement interconnecté.

Un des gros lézards verts du jardin – celui qui a perdu la moitié de sa queue dans une rencontre avec le chat! – me regarde sans bouger. Nous semblons lui et moi apprécier ce moment de silence immobile.
Les animaux me réconfortent. Ils ne vendent rien, n'inventent rien, n'attendent rien de nous. Il nous faudrait sans doute redéfinir le mot bestialité.



*

Est-ce l'âge, ou une certaine forme de soumission au réel? Je lis de moins en moins de cette littérature de fiction que l'on nomme "romans". Que lis-je alors, puisqu'il faut lire pour ne pas finir gâteux? En dehors de Yakari et de Philémon (dans les toilettes au fond du jardin) ma préférence va à la poésie (choisie selon mes goûts) et à des essais (transformés ou non) qui marquent mon ascension dans le monde résolument sérieux de l'intellect.
Bien sûr, je grossis le trait. Il m'arrive de prendre plaisir à lire une histoire. Si elle a quelque chose à me dire. Si elle ouvre sur autre chose qu'une propriété de 70 hectares. Si elle dépose en moi un limon qui rendra mon cœur fertile. Et si elle n'est pas classée au box-office des dix livres à lire ABSOLUMENT pendant votre été.

* A lire ou à relire ce billet citant Thoreau

mercredi 23 juillet 2025

J'aime


Bertrand Sallé


Perrine le Querrec


* Je n'ai pas trouvé de titre générique au billet, alors simplement: j'aime... 

vendredi 18 juillet 2025

Supplément enfants (3)


Marcher
c'est comme
voyager en escargot

on a le temps 
de regarder
de sentir d'écouter

on a le temps
et tout l'espace
du dedans
dehors
quand on marche



dimanche 6 juillet 2025

En vrac (17) neurones, plumes et feuilles


Silence dominical, neuf heure, premier café au jardin. Je ferme les yeux pour me concentrer sur le fond sonore: chant du loriot (on dirait que ce gai vaurien siffle une fille) bientôt rejoint par le morse des mésanges, puis le bruit de papier froissé de nos amis les rouge-queue. Une abeille fait le tour de ma tête, passe en stéréo de mon oreille gauche à mon oreille droite. Mais cette bande-son nature est bientôt perturbé par la montée d'un tracteur, suivi de peu par le démarrage de la tondeuse d'un voisin. Disons à cent-cinquante mètres. Ici, tout résonne, à cause du silence justement. Plus tard, ce sera le moteur d'un ULM (vous bricolez un 103 Peugeot avec une toile de tente Trigano et vous obtenez à peu près ça) haut dans le ciel et poussif comme une cigogne asthmatique. Je serai, moi, en train de moudre du café, la porte de la cuisine grande ouverte.

*

Roger Dautais


Je n'aurai jamais rien fait d'autre que sauver le monde en pensée. Et encore, jamais très loin de mon assiette.

*

Pour la minute intelligente, citons Gaston Bachelard:
"Il vient un temps où l'esprit aime mieux ce qui confirme son savoir que ce qui le contredit, alors l'instinct conservatif domine, la croissance spirituelle s'arrête."

On pourra prendre également une minute pour la botanique, avec Francis Hallé:
"L'arbre est un organisme tellement généreux qu'il offre son ombre à ceux qui viennent l'abattre."

jeudi 3 juillet 2025

Autoportraits (3)


Denis Roche

 
Duane Michals, autoportrait en diable


Nous poursuivons l'exploration de l'autoportrait en photographie avec Denis Roche et sa femme Françoise (qui ont inspiré un poème de Autre chose qui compte) et Duane Michals qui ne s'est jamais vraiment pris au sérieux.

dimanche 29 juin 2025

Les oiseaux (empathie)

 
Tim Lukeman


kerstin Sephan

Pauvre monde, se dit le monde. Et il soupire.

vendredi 20 juin 2025

En vrac (16) foutaises, balaise et tarte aux fraises


Qu'on n'aille pas s'imaginer que le trou du cul du monde dans lequel je vis est inaccessible à la culture. Ici aussi on goûte à la production artistique de notre temps; c'est simplement moins immédiat voilà tout. Alors, bon sang de bois, venez donc vivre à la campagne! Il y a des arbres à planter, des écosystèmes à protéger, des animaux à réhabiliter – tiens, à ce propos, merde à ces cons qui enfument les blaireautières pour zigouiller l'animal à la sortie, c'est tellement gentil les blaireaux, tellement utiles, certains vont jusqu'à ramper dans les terriers de renard pour en extraire les petits, sous prétexte que l'animal pullule – l'occasion de fêter leur bravoure devant une bonne tête de veau et une caisse de pinard. À ce pullulage des renards justement (ou cette pullulance comme on préfère) voici l'explication éco-systémique: plus on en tue et plus la race se sent en danger d'extinction, donc elle procrée en présumant des pertes, engendrant un déséquilibre dans les ressources alimentaires liées au territoire. Laissons donc la nature faire son job. Trop simple? Et oui, c'est souvent (trop) simple...

Aller, un bon gros "je t'aime" pour compenser tout ça.


Robert Motherwell

*

L'orage de grêle "effroyable et c'est bien fait pour nous" qui s'est abattu sur nos jardins et vergers début mai, a ravagé bon nombre d'arbres et anéanti presque toutes les promesses de fruits. Nous avons tout de même pu faire il y a quelques jours une tarte aux fraises. Dieu est grand, Sāhib, mais la tarte était petite.
À part ça, et malgré la chaleur qui s'installe j'ai rentré du bois.
– Qui ça?
– Du bois.
 
*

Beaucoup de sympathies pour Autre chose qui compte, le petit carré paru chez Donner à voir:
Jacques Morin et Claude Vercey, animateurs de la revue Décharge.
Christophe Jubien, pêcheur de poètes, qui m'a accueilli dans son émission.
Yves Artufel, depuis son nid d'aigle de poète-éditeur.
Valérie Canat de Chisy, poète, sur le site de Terre à ciel. 
Jean-Claude et Morgan sur leurs blogs respectifs (y'a du tam tam dans l'air)
des lecteurs(trices) qui m'ont fait passer un petit mot sympa.
À toutes et tous et de trop loin un TRÈS GRAND MERCI (de la taille du je t'aime)

vendredi 13 juin 2025

Les Pensées


On ne peut pas toujours rester sérieux (Zavatta aurait dit "on ne peut pas toujours faire l'andouille...")
Certains se souviendront peut-être avoir lu ces pensées sur le blog entre 2015 et 2018. On peut aujourd'hui les lire ou les relire sur Caméléo (suivre le lien ci-dessous.)

 


J'imagine qu'on peut aussi les imprimer* pour les proposer à la lecture dans ses cabinets, ou les offrir au voisin qui tond sa pelouse deux fois par semaine et qui ne vote pas comme nous, bref qu'on peut, d'une manière ou d'une autre, les partager.
(* Pour les recevoir en pdf, me contacter.)

samedi 7 juin 2025

No trouble


Michel Vanden Eeckhoudt

 
Alain Laboile

* L'insouciance est sans doute l'état le plus heureux de l'existence...

mardi 3 juin 2025

En vrac (15) ombres chinoises, héron, tempi


Les bons contes font les bons amis.
Un peintre à la cour des Qin (IXième siècle av. J.C., troisième porte à gauche) devait peindre un héron. C'était une commande de l'empereur pour sa plus jeune épouse, l'oiseau étant l'emblème de la dynastie. Fier de l’honneur fait à son art, le peintre se mit aussitôt au travail. Or, cette estampe qui le voyait chaque jour plus insatisfait l'accapara pendant vingt ans. Vingt longues années durant lesquelles brûlèrent des milliers de hérons imparfaits, tandis que les guerres se succédaient dans de lointaines provinces.

Vint enfin le jour où (la plus jeune épouse avait changé cinq fois) on pria son altesse sérénissime de recevoir l'estampe définitive des mains du peintre. L’empereur vit entrer un vieux bonhomme à moitié fou, amaigri et négligé. Se souvenant du jour lointain de la commande et amusé, le prince sourit en recevant le rouleau que le vieux lui tendait en s’inclinant. Mais lorsqu'il découvrit l'œuvre on le vit soudain blêmir. Car point d'oiseau peint sur le papier de riz: à la place, trois grenouilles assises près d'un étang. C'était bien là les plus belles grenouilles jamais vues, à peine esquissées d'un trait miraculeusement vivant. Le héron? Affamé, il pouvait surgir à tout instant, ombre stupéfiante fondant sur sa proie. L'incarnation même de la nature et de ses cycles.
On peut croire que le peintre avait réussi. C’était l’œuvre d’une vie. En guise de récompense, on lui trancha la tête pour s’être ainsi moqué d'un prince.

*

Andy Goldsworthy (arbre mort, feuilles d'automne)


J'ai souvent rêvé d'un Polaroïd, cet appareil photographique instantané relevant à la fois du funambulisme et de la magie. Comme j'ai souvent rêvé d'avoir le don d'écrire des poèmes du premier jet.
M'avouant vaincu sur les deux tableaux, voici un haïku écrit en trois semaines (!)

    Ton ombre – chose banale
    pourtant c'est toi
    que le Soleil dessine

*

Le temps de vivre. Celui d'aimer, d'être libre. Le temps présent, le temps passé. Le temps d'une valse à mille temps. Le temps des cerises. Celui des œufs au plat. Le temps compté, le temps béni. L'air du temps. La nuit des. Povero tempo nostro. L'amour à plein temps. Être de son temps. Instant. Tant de temps passé à vendre tout son temps. De l'air, de l'air et du temps pour soi. Le temps nous appartient. Devrait nous appartenir... Vive l'oisiveté.
Et merci pour votre fidélité.

dimanche 1 juin 2025

dimanche 25 mai 2025

Autoportraits (2)

 
Elliot Erwitt


Man Ray

Le clown ivre + autoportrait sans concession (c'est moi qui titre)
* Autoportraits (1) ici