Il marche. Tous les jours il marche. La même route, la même tête ailleurs, légèrement penchée, tournée vers le ciel et les yeux qui s'éparpillent. Une bouteille d'eau dans une main large. Costaud le garçon. Aller retour, tous les jours. Par tous les temps. Son regard n'est pas d'ici. Quand je le croise en voiture, le saluant alors d'un signe de la main, il répond. Toujours. Une parenthèse. Quand je le double je profite un peu plus longuement de sa présence dans le rétroviseur.
Cette sympathie grandissante me ramène à ma propre route intime, à mon inaptitude à devenir parmi les hommes. Sans doute aime t-il les bois autant que je les aime: silence, marche mentale, le ciel entre les cimes et parfois la présence d'une bête.
Je lève la main, il lève la sienne, une étoile naît. Que personne jamais ne verra briller.
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L'inspiration la plus commune en jazz consiste à faire du neuf avec du vieux. Le collage opère souvent de cette manière, et en tirant un peu la chose par les cheveux on pourrait appeler ça du collejazz...
Les yeux dans les seins
(d'après Gustave Caillebotte et Pierre Bonnard)
(d'après Gustave Caillebotte et Pierre Bonnard)
S'il fallait souligner une phrase qui les résumeraient toutes, qui en quelques mots puisse signifier l'état du monde et l'origine de tous nos maux, je choisirais celle-ci, de Pierre-Albert Birot: Si les hommes avaient mis le bonheur au dessus de tout, ils seraient restés poissons, ou même moins.
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Je vais m'installer pour peler des châtaignes cuites à l'eau. Je mettrai peut-être de la musique. Peut-être écrirai-je dans ma tête un embryon de poème. Les nuages poursuivront seuls leur lente migration. Peut-être que le monde aura changé quand je rouvrirai les yeux.
Dans ce monde si agité, si cruel, te lire est un réel apaisement...
RépondreSupprimerJ'ai mis de la musique, un vinyle, le métèque de Moustaky. Et les châtaignes étaient bonnes...
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