samedi 16 mars 2024

Plumes


L'appareil photo polaroïd (du nom de la marque pionnière) relevait, du moins à l'époque de mes vingt ans, à la fois de la magie et du funambulisme. Les imperfections et les couleurs passées donnaient à l'image carrée un je ne sais quoi de nostalgique, en même temps qu'elles révélaient de façon surprenante la présence du photographe.
Existe-t-il le "stylo polaroïd" qui permet d'écrire un poème du premier jet, avec la spontanéité et la facilité du génie naissant?
Mon "grillon" me dit que le temps de l'écriture, qu'il soit rapide ou lent, n'est peut être après tout que la partie émergée du poème, disons 90/10, les 90% non visibles étant le travail de la vie même, avec ses chemins parfois hasardeux mais qui dévoilent toujours au bout du compte une grande richesse de tons.


Image polaroïd de Andrei Tarkovsky

    Tu veux écrire?
    Alors, tais-toi,
    Prends ta plume
    Et gratte!
    
    Bernard Lorraine (Le temps comme il vient)

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