samedi 21 avril 2018

The Art of the Gag


J'insiste un peu trop peut-être, mais les vrais clowns se font rares. Si visionner un moment de B.K. ne changera rien au monde, individuellement ça fait du bien. De plus, cette analyse du gag et de la prise de vue m'a semblé particulièrement bien faite.

lundi 16 avril 2018

Cinq minutes de cascade


... avec la voix de Mister K. Un bel hommage.



mercredi 4 avril 2018

Perdu


      Ticket de caisse
       t.t.c. vingt-trois euros soixante
       un cadeau pour un proche

      Tout ce qui n'est pas donné est perdu – d'où me vient cette phrase...?

     Ce bout de papier, je l'ai l'utilisé comme marque-page dans les tragédies de Sénèque. Mon quotidien, lui, n'a rien de littéraire et pourtant je persiste à croire que les plus grands héros sont anonymes.


Perdu - photo L.D

vendredi 30 mars 2018

Les Plume au vent


musique de Robert Miny

Le cirque Plume tire aujourd'hui sa révérence avec un dernier spectacle sciemment intitulé La dernière saison. En l'espace de trente ans, il est passé de l'intimité d'une bande de copains à une très grosse production. On n'oubliera pas cependant la place primordiale de ses musiques originales dans les spectacles. Pour un peu de légèreté, donc.
Si vous trouvez ça dans les vieilleries de je vous conseille "Les semeurs de rêve", reportage de J.P. Lussault. Leur premier spectacle s'appelait Amour, jonglage et falbalas: tout un programme!


** ajout du 31/03: pour le reportage en question et en entier, voir le DVD "Cirque Plume, notre histoire" co-édité par l'INA

samedi 24 mars 2018

Sauvage


Edward S. Curtis

Enfant je savais donner; j'ai oublié cette grâce depuis que je suis devenu civilisé. J'avais un mode de vie naturel alors qu'aujourd'hui, il est artificiel. Tout joli caillou avait une valeur à mes yeux; chaque arbre qui poussait était un objet de respect. Maintenant, je m'incline avec l'homme blanc devant un paysage peint dont on estime la valeur en dollars.
Ohiyesa (1858-1939)

Il fut un temps (hé! pas si lointain) où je réfléchissais ici même au mot nostalgie. Déclarant, sous ma vaine panoplie de penseur émérite, me sentir non pas nostalgique mais insatisfait, je m'imaginais pouvoir jeter l'éponge, capable un jour par une décision radicale de retrouver une vie naturelle, plus simple et surtout beaucoup moins tributaire des faux sourires de mon banquier. Une vie, par un idéal retour à la terre,* alliant respect de la nature et progrès intelligent. Le fait est que j'en suis toujours au même endroit. Chaque fois que je tire la chasse, je me dis que je viens de chier dans l'eau potable. Chaque fois que je mets les pieds dans un supermarché, je vois passer devant mes yeux des dizaines de poids lourds crachant leur venin noir. Chaque fois que j'allume la lumière, j'entend une comptine japonaise qui dit le vent, le soleil et les arbres, une comptine que des hommes en combinaison étanche cherchent à étouffer de leurs gants lourds de plomb. Mais foin du blues et de la lassitude, j'arbore aujourd'hui fièrement une petite victoire: mon modeste téléphone portable à touches vient d'avoir huit ans, toujours en état de marche. Ugh.

* Cf. Le retour à la terre de Manu Larcenet et J.Y. Ferri

mercredi 14 mars 2018

Les esclaves


Au commencement, Dieu créa le chat à son image. Et bien entendu, il trouva que c'était bien. Et c'était bien, d'ailleurs. Mais le chat était paresseux. Il ne voulait rien faire. Alors, plus tard, après quelques millénaires, Dieu créa l'homme.
Uniquement dans le but de servir le chat, de lui servir d'esclave jusqu'à la fin des temps. Au chat, il avait donné l'indolence et la lucidité; à l'homme, il donna la névrose, le don du bricolage et la passion du travail. L'homme s'en donna à cœur joie. Au cours des siècles, il édifia toute une civilisation basée sur l'invention, la production et la consommation intensive. Civilisation qui n'avait en réalité qu'un seul but: offrir au chat le confort, le gîte et le couvert.
C'est dire que l'homme inventa des millions d'objets inutiles, généralement absurdes, tout cela pour produire parallèlement les quelques objets indispensables au bien-être du chat: le radiateur, le coussin, le bol, le plat à sciure, le pêcheur breton, le tapis, la moquette, le panier d'osier, et peut-être aussi la radio puisque les chats aiment la musique. Mais, de tout cela, les hommes ne savent rien. A leurs souhaits. Bénis soient-ils. Et ils croient l'être. Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes des chats.
Jacques Sternberg, Contes glacés


Th. A. Steinlen