dimanche 21 janvier 2018

Re-connection


En 1994 paraissait au Seuil une intégrale de l'œuvre poétique d'Aimé Césaire. Large bouquin, donc, et qui commence ainsi:

La poésie est cette démarche qui par le mot, l'image, le mythe, l'amour et l'humour m'installe au cœur vivant de moi-même et du monde.
Le poète est un être très vieux et très neuf, très complexe et très simple, qui, aux confins vécus du rêve et du réel, du jour et de la nuit, entre absence et présence, cherche et reçoit dans le déclenchement soudain des cataclysmes intérieurs le mot de passe de la connivence et de la puissance.

Et puis comme s'il fallait revenir à des propos moins intellectuels:

En nommant les objets, c'est un monde enchanté, un monde de monstres, que je fais surgir sur la grisaille mal différenciée du monde; un monde de puissances que je somme, que j'invoque et que je convoque. 
En les nommant, flore, faune, dans leur étrangeté, je participe à leur force; je participe de leur force [...]

Suivent 500 pages de poésie qui tentent de reconnecter l'homme aux choses essentielles. Ce que tentent également de faire agro-écologistes, permaculteurs, éco-villages, écopreneurs*, éco-constructeurs, initiateurs de développement durable,... L'action poétique est donc très loin d'être seule en scène, mais c'est un autre débat.

En guise d'illustration au billet, la fleur permaculturelle initiée par David Holmgren:


* Ecopreneur est, je crois, un néologisme inventé par Benjamin Broustey.

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