samedi 3 septembre 2016

Laisse béton


Autoportrait en ange déchu * - photo L.D


Quand on a rien à dire, on peut toujours faire l'andouille, et les occasions ne manquent pas. Mais comment en arrive-t-on à n'avoir plus rien à dire? (...) Il suffit sans doute d'envisager que tout ce qu'on pourrait penser n'intéresse personne. Un postulat déjà très avancé. Et dans le cas de l'écriture, de se poser la question – cette insidieuse question qui appuie là où ça fait mal: pourquoi veut-on à tout prix écrire? Je veux dire dans quel but avouable ou non, et quel sentiment vrai nous anime face à la reconnaissance ou à l'indifférence? N'y aurait-il pas plus de fierté à recevoir un prix littéraire qu'à produire une belle laitue tout au fond de son jardin? Questions identitaires.   
Cela dit, j'étais parti pour faire l'andouille. La légèreté est semble-t-il chose difficile à atteindre.

* Une image ne dit pas tout: reste à savoir pourquoi l'ange a été déchu. A-t-il mis le feu aux nuages? A-t-il choisi de lui-même l'exil, et donc la mortalité? – je ne vous ferai pas l'affront de citer le film auquel je pense ici et à son épilogue.

6 commentaires:

  1. Réponses
    1. Quel choix restreint tu me laisses ! Il n'est pourtant pas l'heure des présidentielles !...

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  2. Au fond, tout au fond du jardin, je crains que la laitue déprime.

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    1. "Choisissez-moi
      Laitue, laitue, que fais-tu, laitue,
      que fais-tu là
      Est-ce que tu s'rais dev'nue folle
      A crier comme ça, choisissez-moi"
      (M. Le Forestier)

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