lundi 28 mars 2016

Castor & Pollux


Je connais peu d'étoiles, mais je manque rarement de les saluer quand la nuit est claire. Dans le désastre du monde elles me sont familières, immuables et tranquilles, et comme l'a si bien senti Rimbaud elles ont, l'été, un doux frou-frou qui peut faire sensation.
Parmi mes vieilles amies, Orion (dont j'ai mentionné le "grand chien" dans un poème) et cette étoile, sous la ceinture du chasseur, qui porte le doux nom de Na'ir al saïf. Un peu plus haut, Castor & Pollux (Brassens aussi est immuable) qui seraient les deux genoux du ciel si la nuit n'était qu'amour...

Henry Lerolle, étude de jambes, vers 1880

Parler ainsi de son affection pour certaines constellations revient à dire "merde" à pas mal de choses, ainsi qu'à déclarer de l'intérêt pour la géopoétique fédérée par K. White. Celui-ci prétend qu'il n'est pas nécessaire de partir au pôle pour renouer avec la nature, qu'elle est toujours à notre porte et je pense qu'il a raison.

En guise d'à-propos, une strophe de Jean-Claude Touzeil tirée de Café vert tzigane:

Chemins de traverse
reçus du ciel
pour égarer
big brother
dans la forêt
des signes

4 commentaires:

  1. J'étais confronté, hier, au dessin de pieds. Pas simples, les orteils ! Je retiens l'idée de Lerolle : ne traiter qu'un seul des pieds.

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  2. Merci pour l'à-propos !...

    Jean Giono parlait d'"Orion-fleur de carotte"...

    (Aperçu un de tes poèmes sur le site de "Décharge", bravo !...)

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    1. Kenneth White l'a écrit, il tient en profonde amitié l'œuvre de Giono

      (j'écris chiadé avant que le français ne soit réformé...)

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