vendredi 15 janvier 2016

Un poète ça meurt


Oui un poète ça meurt. Et le plus souvent après une vie bien remplie. De choix têtus, de renoncements, de prises de position dans un monde qui en manque cruellement, obstinément. Ça n'aura pas cassé trois pattes à un canard, il aura juste perdu son temps à écrire quelques images dans l'air du ciel. Pas même un artisan: on ne s'assoit pas sur un poème, on ne s'en protège ni du froid ni de la pluie, on n'en fait pas des tartines d'un pâté cuit au fond des fermes...
Un poète ça n'a ni avenir, ni tombe assez grande pour contenir tout le vent accumulé dans sa tête. Il y en a qui meurent dans la misère. La vraie, mais aussi celle de n'avoir jamais été vraiment de ce monde. Il y en a qui furent les plus heureux des hommes, ayant tracé pour eux et pour les autres des routes inconnues. Un poète qui meurt, c'est comme un ouvrier qui aurait passé sa vie à trimer en rêvant d'un monde meilleur. Parce qu'un poète ça ne verra jamais l'ultime image, celle que toutes les autres appellent.
Ce billet est donc aussi dédié à tous les ouvriers, ces grands poètes.


photo L.D

Une dernière pensée pour le blog Mille lieux et bienvenue sur la flûte en os !

8 commentaires:

  1. Eh ! bien, avec le goût du paradoxe qui me caractérise (!), je vais crier au ciel, enneigé ce matin : "Longue vie à la flûte en os" !...

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    1. De mauvaises langues déjà prétendent que si elle est en os elle n'est pas en ut ...

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  2. Bienvenue à "la flûte en os" ! Qu'elle nous joue de beaux airs poétiques :-)

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    1. Ça ne vaut pas la viole de gambe, mais bon on essayera.

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  3. "Un poète ça n'a ni avenir, ni tombe assez grande pour contenir tout le vent accumulé dans sa tête."
    superbe définition
    photodilettante

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    1. Je ne suis pas sûr d'avoir compris ce que j'ai écrit...
      (merci pour ta visite)

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