mardi 2 juin 2015

Une bonne oreille


Fernand Léger

            Et s'il me plaît à moi
            d'écouter les pommes de terre
            plutôt qu'un coquillage

            On y entend la terre
            s'endormir sous la neige
            on y entend l'été
            courir à la rivière

            On y entend s'aimer
            des amants magnifiques
            aux jambes ensorcelées
            à la crinière dorée

            Parfois le pas léger
            d'un très vieux jardinier
            qui referme la barrière


Pour la jeunesse, mais pas que sans doute.

13 commentaires:

  1. Chouette poème, aussi léger que Fernand, natif d'Argentan (Orne)...

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  2. Henri Cueco a eu sa période "patate" : 180 portraits de pommes de terre et le Journal d'une patate. Ces dames ont beaucoup à dire semble-t-il. La terre, les saisons, les amants et les âges ...

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    1. Petite pensée également pour Agnès Varda ...

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  3. Oui Agnès Varda à La Rochelle.
    Ton poème m'a inspirée Laurent et je me suis permise de publier ma version ce matin sur mon blog. Pardon et merci !

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    1. Aïe, les lois du copyright sont bafouées !
      En dommages et intérêts: une tartelette à la framboise

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  4. Ah ! En hommage plus qu'en dommage, alors !

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  5. Il me plaît beaucoup ce petit poème, patate ou pas

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  6. très beau ton poème Laurent. Un poème pour la jeunesse, pour la vieillesse, et pour ceux " qui balancent entre deux âges ". Tu sais, je l'ai encore dans l'oreille le bruit de la barrière qu'on referme...

    Christophe Jubien

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    1. Des légumes encore (!) Dédié à ceux qui ont attendu (en vain) la suite des carottes fraîches

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