dimanche 28 juin 2015

Blues clair


Il y a, à mon humble avis (que j'ose émettre, mais après tout je suis ici chez moi) deux sortes de poèmes. Ceux qui donnent tout à la première lecture, de vrais feux d'artifice avec souvent une fin brillante et là l'extase ne vaut qu'une fois sans doute. Et il y a ceux qui donnent un peu à chaque lecture, inépuisables ciels changeants, dont on ne sait trop pourquoi ils nous inspirent. Des poèmes en quelque sorte co-écrits par l'auteur et le lecteur.

À noter qu'un auteur "feux d'artifice" se doit d'écrire un grand nombre de poèmes afin de nourrir la fête. À noter également qu'un auteur "ciels changeants" peut tomber dans l'abscons s'il ne prend garde à enraciner ses mots dans un paysage mental, aussi peu esquissé soit-il.

Bien sûr cette analyse simplifie grandement les choses (taillée à la hache comme on dit chez les trappeurs). Mais elle a l'avantage de la minceur, et usera donc peu de votre temps de lecture, chers lecteurs. Temps gagné que vous pourrez consacrer à soigner vos pieds (c'est très important les pieds) ou à trier vos lentilles.


Collage David Delruelle

* L'image se veut représenter un poème tombant dans l'infini (oui je sais, c'est un peu tiré par les chevaux)
** Il va s'en dire que j'ai des affinités dans les 2 catégories...

4 commentaires:

  1. Je me demande, après première lecture de ton billet, si tout poème n'est pas, par vocation, co-écrit par ses auteur et lecteur.

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    1. Oui c'est certain, mais je ne pensais pas au sentiment ou à la vision, plutôt au degré d'interprétation.

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  2. Piou ! c'est du sérieux ton analyse ! Et du pertinent !...
    Le poème a l'avantage de ne pas s'user trop vite à la lecture, c'est déjà beaucoup...
    Le "meilleur", c'est quand même celui qu'on peut partager avec ce fameux lecteur hypothétique, lequel le "complètera" selon ses goûts, son humeur, ses maux d'estomac, etc.
    "...le poème poursuit son chemin..." (cf. chanson de Michèle Bernard.)

    Très pertinent collage également.

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    1. En tout cas, un bon poème se relit toujours avec bonheur (et aussi une certaine admiration...)

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