samedi 19 juillet 2014

Un été tranquille (carte e-postale)


Chers tous,
Décidément, il sera impossible de passer un été tranquille sans que l'être humain nous gratifie effrontément de son vrai large visage de salopard. Mille lieux était en pause, mais vu les événements du côté de Gaza (entre autres, car je n'oublierai pas de mentionner les missiles à trajectoire aléatoire) j'ouvre un peu l'épicerie, le temps d'un billet, d'un échange, d'une colère, d'un peu d'air sur le bruit délicat d'une fontaine verte, comme si la page était une place de village avec tous les copains qui passent, qui restent, qui s'installent avec les nouvelles, avec le soleil et l'apéro, pendant qu'ailleurs des gens se font foutre sur la gueule sous prétexte qu'ils vivent chez eux, que d'autres, chez l'ennemi, crient la honte qu'ils ont de leur propre peuple (oui, des israéliens intelligents et sensibles il y en a et même pas qu'un peu!), pendant que chez nous des poètes enragés écrivent qu'ils ont mal à la mémoire du monde, pendant que la météo change aussi vite que change la parole des huiles faussement élus par les Panpan du peuple, pendant que les glands* couturiers préparent leur collection d'automne pour une poignée de bartavelles sans cervelle (oui je sais, c'est méchant pour ces volatiles qui hantent encore un peu la Provence et la gloire du père que je n'ai pas eu), pendant que je me laisse aller à écrire n'importe quoi sous prétexte qu'en vacances on donne de ses nouvelles – mais il faudra bien quand-même un jour que l'homme victime de la shoah recouvre la mémoire, que les palestiniens reprennent leurs outils de jardinage et leurs doux arrosoirs, que tous les militaires de là-bas et d'ailleurs troquent leur treillis dégueulasse contre une chemise hawaïenne, que partout le fils d'Adam mette enfin ses incroyables facultés au service d'un truc génial qu'on pourrait nommer avec un peu de poésie "un été tranquille, fleuri d'amour".
Aller, finissons les olives et le pastaga avant que quelqu'un remette sa tournée. Et comme disait si joliment Daniel Mermet à la fin de ses émissions: salut.


Photo L.D

* Merci Titi.

8 commentaires:

  1. je trinque à ta santé. une goutte d'eau dans un océan difficile.

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    1. A la tienne, Thierry, un bon été à toi.

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  2. Aller à Thouars ? Je n'y tiens pas...

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  3. Devoir de mémoire, devoir de mémoire, qu'y disent.
    – Devoir de mémoire courte !

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  4. Jean-Michel Robert25 juillet 2014 à 23:49

    Merci pour cette "carte" qui prouve - en ce bel été - que la colère n'est pas toujours seule.

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    1. Oui, les boules d'été ne sont pas toujours celles avec lesquelles on pointe... hélas.

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