dimanche 8 juin 2014

Voiture 16 place 37


Photo L.D


Le train a ceci de particulier qu'il nous héberge avec des inconnus qu'on prend plaisir à regarder vivre, en même temps qu'il nous ouvre aux paysages traversés.
Sentiment de dépaysement donc, confinant parfois à la rêverie, le bruit lancinant de la rame tenant lieu de mantra. N'ayant souvent rien à faire on s'y adonne à un bénéfique retour sur soi.
C'est sans doute cette position assise entre extérieur et intérieur qui confère au voyage en train son aura si poétique. On voit les choses avec un calme tout à fait inhabituel; pour la plupart les gens y sont prévenants, souriant aux impatiences des jeunes enfants qui, après avoir rompu la quiétude du compartiment finissent par s'endormir.
Et puis, quel meilleur endroit pour relire Prose du transsibérien et de la petite Jeanne de France? "En ce temps-là j'étais en mon adolescence [...] j'étais à 16 000 lieues du lieu de ma naissance..." Il n'y a guère que le prix du billet qui ne fasse pas rêver.

6 commentaires:

  1. Lire ou, écouteur vissé dans le pavillon, écouter "le Train du nord" de Félix Leclerc.

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    1. Puisqu'on est à parler de lui, l'une de mes préférées est Blues pour Pinky (peu connue, tu connais?)

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  2. ça change du train-train quotidien, à moins qu'on ne prenne le train tous les jours ce qui donne train fois trois.

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    1. C'est vrai, ayons une pensée solidaire pour celles et ceux qui se tapent 2 ou 3 heures de transport chaque jour, et avec le même paysage.

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  3. Ce qui surprend toujours dans le train, en dehors des rencontres inopinées, c'est que le paysage roule à la même vitesse que nous...

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    1. C'est ce qui permet de l'avoir net en photo !...
      (à ce propos j'ai découvert il y a peu les photos "from the train" de Walker Evans, elles sont superbes)

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