jeudi 13 juin 2013

Heureux qui comme Ulysse


    Je fréquente peu les cimetières, lieux qui à mon goût manquent cruellement de perspectives. Mais je ne pouvais pas ne pas aller un jour au cimetière du Py – qu'à Sète on surnomme le cimetière des pauvres. Ce jour là je suis donc à Sète, en compagnie de mon fils – 20 ans – et de sa copine. Dans l'allée, lui qui est toujours d'humeur égale chantonne Qu'elle est belle la liberté. Ils se tiennent par la main; ils sont heureux. Nous profittons de la lumière et des odeurs du sud, des tourterelles sur les toits de marbre, de l'absence momentanée des vivants...
    Section 9, je prends la photo que tout le monde prend; mais la vie semble ailleurs. Les arbres du cimetière sont de beaux spécimens, ils poussent tendrement dans la terre rouge. Ici, on a vue sur l'étang de Thau – la mer des pauvres. Ici c'est simple, désert et reposant; ce n'est pas comme au cimetière marin, à quelques encablures sur la corniche, où l'on se bat pour posséder une concession tant la vue sur la mer est fabuleuse et les voisins illustres.*
    Nous nous éloignons, et j'entends chantonner D'accord, mais de mort len-en-en-te. Ok, je me dis: c'est bien enraciné. Et la journée va se poursuivre bellement – jeu de mot, car la mer ce jour-là sera moutonnante.
* Paul Valery, Jean Vilar

(09/06/13)
Par un petit matin d'été
Quand le soleil vous chante au coeur
Qu'elle est belle la liberté
La liberté

6 commentaires:

  1. Petit rebond "classique" : "Pensées des morts", poème de Lamartine chanté par notre Tonton Georges...
    http://www.dailymotion.com/video/xfhdsx_pensees-des-morts-georges-brassens_music#.Ublzltj-vw8

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    1. En ce moment j'écouterais plus volontiers Boby Lapointe !...

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  2. Vous semblez tels trois Immortels...

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    1. Quand on voit la tronche de ceux de Bilal, ça donne pas trop envie...
      Blague à part, ce jour-là il n'y en avait qu'un.

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  3. si en chanson on peut lui faire un pied de nez à la faucheuse c'est toujours elle qui a le dernier mot. le dernier repos ne peut être qu'une parade.

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    1. Ben oui, comme l'a écrit Prévert, dans chaque tête de vivant il y a une tête de mort.
      (Y aurait-il de la poésie sans ça?...)

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