lundi 17 décembre 2012

Miroir des lieux


    Il existe un pouvoir, une vertu des lieux et sans doute nous a-t-il été permis, un jour, à la faveur de quelque voyage, au détour d’un chemin de hasard, d’éprouver le singulier sentiment d’appartenance, la complicité, l’émotion, qui naissent de cette découverte.
    Ce que l’on devine alors, rien qu’en cheminant à la lisière d’un bois ou dans les ruelles d’une ville, c’est que l’expérience intime de notre vie est incluse dans celle du monde et que celui-ci nous offre parfois, sans même que nous l’ayons désiré, un exact reflet, un miroir de nous-même ; d’où ce sentiment d’appartenance.
    Mais appartenance à qui ? À quoi ? À rien, sans doute qui ne se peut simplement nommer mais qui s’impose comme une évidence. Un éclair de certitude. Une sorte de bonheur, une manière de joie, au sein de quoi on se sent soudain apaisé.

Jean-Pierre Spilmont, Une saison flamande, L'Amourier 2008


Photographie d'Albert Fleury

8 commentaires:

  1. Un texte qui s'impose lui aussi comme une évidence. Sur des sentiments aux contours flous qu'on peine à nommer.

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    1. Peut-être une piste: tous nos souvenirs sont rattachés à des lieux.

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  2. Beau texte en effet et belle photographie aussi. Merci de votre passage sur l'un de mes blogs qui m'a permis de découvrir le votre.

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    1. J'ai vécu 5 ans dans les Bouches-du-Rhône; j'en ai gardé une grande sensibilité à la Provence.
      (merci pour votre visite.)

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  3. perspectives, ce qui s'offre au regard, mais en impose au point de se perdre.

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    1. L'homme a sans doute besoin de grandeur pour oublier ses 80% d'eau...

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