vendredi 28 décembre 2012

8 ½ (Fellini 1963)

Arrêt sur l'avant-dernière séquence du film: le monologue du critique.

   
    Nous, intellectuels, nous nous devons de rester lucides jusqu'au bout. Mais il y a trop de choses superflues dans le monde, ce n'est pas la peine d'ajouter du désordre au désordre [...] Non, croyez-moi, n'ayez ni nostalgie ni remords, détruire vaut mieux que créer si ce que l'on crée est inutile. Et puis, y a t-il encore quelque chose d'assez juste pour que ça vaille la peine de le mettre au monde? [...] Mieux vaut tout détruire et faire répandre le sel, comme le faisaient les anciens pour purifier les champs de bataille [...] Nous sommes submergés par des paroles, par des images, par des sons qui n'ont pas de raisons d'exister. Ils viennent du vide et ils retournent vers le vide. Il n'y a qu'à un artiste digne de ce nom à qui l'on peut demander cet acte de loyauté: apprendre le silence [...] Vous vous souvenez de l'éloge de Mallarmé à la page blanche? Et Rimbaud? Toute la poésie de Rimbaud est là, dans sa renonciation à la poésie [...] Et vous, vous voudriez laisser derrière vous un film personnel, comme le boiteux laisse après lui son empreinte difforme? Quelle monstrueuse prétention de croire que les autres pourraient profiter du pâle catalogue de vos erreurs...



Les 20 dernières minutes du film en V.O. ici
Mais la version française est excellente. Le texte (incomplet) ci-dessus en est un repiquage.

5 commentaires:

  1. Remue-méninges le matin de bonne heure
    fait oublier le percolateur...

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  2. Un monologue qui laisse coi – ou quoi !

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    1. Quoi? Le meilleur de nous-même, épuré, inaltérable.

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  3. et bien j'ai plus qu'à retourner à ma vidéothèque. suite après la projection.

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