lundi 13 août 2012

Lucien Jacques

    
      CREDO

     Je crois en l'homme, cette ordure.
     Je crois en l'homme, ce fumier,
     Ce sable mouvant, cette eau morte.

     Je crois en l'homme, ce tordu,
     Cette vessie de vanité.
     Je crois en l'homme, cette pommade,
     Ce grelot, cette plume au vent,
     Ce boute-feu, ce fouille-merde.
     Je crois en l'homme, ce lèche-sang.

     Malgré tout ce qu'il a pu faire
     De mortel et d'irréparable.
     Je crois en lui
     Pour la sûreté de sa main,
     Pour son goût de la liberté,
     Pour le jeu de sa fantaisie.

     Pour son vertige devant l'étoile.
     Je crois en lui
     Pour le sel de son amitié,
     Pour l'eau de ses yeux, pour son rire,
     Pour son élan et ses faiblesses.

     Je crois à tout jamais en lui
     Pour une main qui s'est tendue.
     Pour un regard qui s'est offert.
     Et puis surtout et avant tout
     Pour le simple accueil d'un berger.

                        Lucien Jacques, Florilège poétique in Les cahiers de l'artisan, 1954

2 commentaires:

  1. Très bonne idée de mettre le poème de Lucien Jacques en entier par ici ! (D'ailleurs, je crois bien que je le mettrai aussi sur le biloba un de ces quatre...)
    Les poètes n'ont pas toujours l'étiquetage "poète", et c'est tant mieux !...

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  2. Le bloggeur est peut-être le colporteur du troisième millénaire... hardis! Ayons notre tache à cœur.

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